samedi 18 février 2017

Hosomi


Hosomi, c’est l’attention, la sympathie portée aux plus petites choses de la vie, dont on livre la beauté avec humilité, en peu de mots, quelquefois même en utilisant la personnification, prêtant ainsi à un animal, un objet, une idée, des caractéristiques humaines. Voici des exemples de haïkus classiques japonais :

Grimpe en douceur
petit escargot
Tu es sur le Fuji!

Tuant une mouche
j’ai blessé
une fleur

Kobayashi Issa

Soudain
Une ombre passe
      Le vent.

Dans mon bol de fer
En guide d’aumône
La grêle.

Taneda Santoka

Ah coucou!
agrandis encore
ma solitude!

Matsuo Bashô



Pour aller plus loin :
Bashô, Seigneur ermite. L’intégrale des haïkus, La table ronde, 2012.
Haïku – Anthologie du poème court japonais. Présentation, choix et traduction de Corinne Atlan et Zéno Bianu. Gallimard, 2002.
William J. Higginson, The Haiku Handbook, Tokyo, Kodansha International, 1985.
Murphy, Patrick D., Terry Gilford, Katsunori Yamazato, Literature of Nature : An International Sourcebook. Chicago, Fitzroy Dearborn Publishers, 1998.

Photo : © Roger Joannette


samedi 28 janvier 2017

Janvier sous zéro



froid et poudrerie
les mots de l’été
sont encore loin

dans Zestes d’orange, Éd. AFH – Renée Clairon, 2016


Photo : © Roger Joannette

jeudi 19 janvier 2017

Shiori


Selon l’école « Shômon » de Bashô, voilà un troisième principe à respecter dans la création de haïkus, le shiori. Ici, plusieurs définitions semblent possibles. Celle qui consiste à dire que le shiori, c’est ce qui émane du poème sans être explicitement formulé, ce qui fait image, qui suggère quelque chose. D’autres auteurs définissent le shiori comme étant la sympathie envers la nature, l’empathie envers les êtres. Or, cette dernière définition rejoint davantage le principe d’hosomi, dont nous parlerons plus tard, et qui se traduit par l’attention et la sympathie portée aux petites choses de la vie. Pour Jane Reichhold et William J. Higginson, le mot signifie « penché, fané » et implique une sympathie mêlée d’ambiguïté. C’est le cas des haïkus qui réfèrent à des images délicates, voire pathétiques.

Devant toutes ces définitions possibles, que peut-on en déduire?

Devant l’éclair –
sublime est celui
qui ne sait rien!
                       Bashô

Pour aller plus loin :
Bashô, Seigneur ermite. L’intégrale des haïkus, La table ronde, 2012.
Haïku – Anthologie du poème court japonais. Présentation, choix et traduction de Corinne Atlan et Zéno Bianu. Gallimard, 2002.
William J. Higginson, The Haiku Handbook, Tokyo, Kodansha International, 1985.
Jane Reichhold, Writing and Enjoying Haiku, A Hands-on Guide. Tokyo, Kodansha International, 2002.

Photo :  © Roger Joannette