lundi 16 mars 2015

Les 17 haïkus de Jorge Luis Borges


Écrivain argentin (Buenos Aires, 1899 – Genève, 1986), Jorge Luis Borges passe sa vie dans le monde des livres et de la littérature. Traducteur, critique, bibliothécaire, il fonde des revues littéraires et écrit bon nombre de poèmes, de nouvelles et d’essais, souvent érudits et fantastiques, reconnus par la suite comme des classiques du XXe siècle. Il devient directeur de la Bibliothèque nationale puis professeur à la Faculté des lettres de Buenos Aires. Il obtient plusieurs prix de littérature, dont le prix Cervantes en 1979. On lui reprochera son silence face aux crimes de la junte militaire en Argentine dans les années 70. Par ailleurs, certaines nouvelles de Fictions peuvent être vues comme une dénonciation du totalitarisme.

Claude Mauriac a dit de lui : « Jorge Luis Borges est l’un des dix, peut-être des cinq, auteurs modernes qu’il est essentiel d’avoir lus. Après l’avoir approché, nous ne sommes plus les mêmes. Notre vision des êtres et des choses a changé. Nous sommes plus intelligents. Sans doute même avons-nous plus de cœur. »

Ayant voyagé fréquemment au Japon, où il donne des conférences et dirigé des séminaires d’études, sans doute est-il influencé en retour par la poésie japonaise. Il écrit six tankas en 1972 et dix-sept haïkus en 1981, peut-être pour rappeler, par la symbolique des nombres, les dix-sept syllabes du haïku traditionnel. En voici quelques-uns :

Le soir et la montagne
m’ont fait une confidence.
Je ne la sais plus.

A-t-il existé
le rêve que j’ai perdu
à l’orée du jour?

Les cordes se taisent.
La musique savait
ce que je ressens.

Au loin, un trille.
Le rossignol ne sait pas
qu’il te console.

La vieille main
trace encore quelques vers
pour l’oubli.

Pour lire les 17 haïkus de Borges, de même que ses tankas (en espagnol).

Sources : Terebess Asia Online, Wikipédia, Fictions (Jorge Luis Borges, Folio, 1965).

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