jeudi 19 janvier 2017

Shiori


Selon l’école « Shômon » de Bashô, voilà un troisième principe à respecter dans la création de haïkus, le shiori. Ici, plusieurs définitions semblent possibles. Celle qui consiste à dire que le shiori, c’est ce qui émane du poème sans être explicitement formulé, ce qui fait image, qui suggère quelque chose. D’autres auteurs définissent le shiori comme étant la sympathie envers la nature, l’empathie envers les êtres. Or, cette dernière définition rejoint davantage le principe d’hosomi, dont nous parlerons plus tard, et qui se traduit par l’attention et la sympathie portée aux petites choses de la vie. Pour Jane Reichhold et William J. Higginson, le mot signifie « penché, fané » et implique une sympathie mêlée d’ambiguïté. C’est le cas des haïkus qui réfèrent à des images délicates, voire pathétiques.

Devant toutes ces définitions possibles, que peut-on en déduire?

Devant l’éclair –
sublime est celui
qui ne sait rien!
                       Bashô

Pour aller plus loin :
Bashô, Seigneur ermite. L’intégrale des haïkus, La table ronde, 2012.
Haïku – Anthologie du poème court japonais. Présentation, choix et traduction de Corinne Atlan et Zéno Bianu. Gallimard, 2002.
William J. Higginson, The Haiku Handbook, Tokyo, Kodansha International, 1985.
Jane Reichhold, Writing and Enjoying Haiku, A Hands-on Guide. Tokyo, Kodansha International, 2002.

Photo :  © Roger Joannette



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