lundi 10 avril 2017

Karumi


L’esprit du haïku, selon l’école Shômon de Bashô, c’est aussi karumi. Cette caractéristique est définie comme étant la légèreté du poème, voire l’humour qui se dégage de l’ensemble et qui allège l’atmosphère du texte. Nous sommes donc loin, ici, du jugement ou de la morale, qui n’ont pas leur place dans le haïku. Nous sommes loin également des réflexions, des aphorismes, des proverbes. À cette légèreté se greffe souvent l’âme du haïku.

On peut noter aussi que les haïkus classiques japonais sont caractérisés par la légèreté et l’humour pas exclusivement, mais souvent dans les haïkus de printemps et d’été, à une époque où l’automne et l’hiver sont particulièrement éprouvants et sources d’inquiétudes de toutes sortes.

Des exemples :

Ce printemps dans ma cabane –
absolument rien
absolument tout!

Yamaguchi Sodô



Ce matin
le soleil a jailli
d’une tête de sardine!

Yosa Buson



En ce monde flottant
devenez bonze en chef
et vous ferez la sieste!

Natsume Sôseki



Par cette bouche
qui a croqué une puce
je chante le Bouddha

Kobayashi Issa



J’éternue –
et je ne vois plus
l’alouette!

Yokoi Yayû



Références :
Bashô, Seigneur ermite. L’intégrale des haïkus, La table ronde, 2012.
Haïku – Anthologie du poème court japonais. Présentation, choix et traduction de Corinne Atlan et Zéno Bianu. Gallimard, 2002.
William J. Higginson, The Haiku Handbook, Tokyo, Kodansha International, 1985.

Texte et photo : © Louise Vachon


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