vendredi 27 février 2015

Flocons





quelques flocons
les étoiles sur mon carnet
font de l’aquarelle

dans Hivernité, Éditions du Glaciel, 2010, p. 33


Photo : © Roger Joannette

lundi 9 février 2015

Froidure



froid de loup
l’auto ne démarre pas
congé forcé


dans Hivernité, Éditions du Glaciel, 2010, p. 31

Photo : © Roger Joannette

lundi 26 janvier 2015

Le vent de face



le vent de face
dans la tempête
la neige en rimmel


dans Hivernité, Éditions du Glaciel, 2010, p. 15

Photo : © Roger Joannette

lundi 19 janvier 2015

José Juan Tablada



José Juan Tablada (1871-1945) est un écrivain mexicain qui s’est illustré abondamment dans le haïku. Poète, critique d’art pour différents périodiques, il a également occupé plusieurs postes diplomatiques au Japon, en France, en Équateur, en Colombie, aux États-Unis. Un voyage au Japon en 1900 l’oriente vers le haïku. On dit de lui qu’il a fait connaître le haïku aux lecteurs hispanophones. Pour cette raison sans doute, il demeure estimé davantage dans le monde du haïku que dans celui de la poésie.

En français, l’Association francophone de haïku a fait paraître, en 2009, un recueil de Tablada, Papillons de l’instant (traduction : Patrick Blanche). En voici quelques extraits :

Les urubus
            Il a plu toute la nuit
            et ils n’en finissent plus
            de peigner leurs plumes au soleil,
            les urubus.

Le palmier
            Durant la chaleur de la sieste
            même ses éventails
            ne bougent plus leur palme…

Les fourmis
            Bref cortège nuptial,
            les fourmis traînent des pétales
            de fleurs d’oranger…

Les crapauds
            Morceaux de glaise,
            dans la pénombre du sentier
sautent les crapauds.

Papillon de nuit
            Rends au rameau dénudé,
            papillon de nuit
            les feuilles sèches de tes ailes.

L’araignée
            Parcourant sa toile
            cette clarté lunaire
            tient éveillée l’araignée.

Orange
            Donne à ma soif
            deux tasses dorées
            tout emplies de miel!

D’autres haïkus de J. J. Tablada (en espagnol).


lundi 12 janvier 2015

Mainichi Shinbun



clapotis de l’eau
des rorquals au large
mirage de vacances


Ce haïku vient de mériter une mention spéciale au 18e concours annuel de haïku du journal Mainichi (Tokyo). 

Photo :  © Roger Joannette

lundi 15 décembre 2014

Neige



dans les champs
les sillons blanchis
par la première neige

dans Hivernité, Éditions du Glaciel, 2010, p. 4

Photo : © Roger Joannette

mercredi 5 novembre 2014

Octavio Paz


L’écrivain mexicain, Octavio Paz (1914-1998), lauréat du Prix Nobel de littérature en 1990, est l’auteur d’une œuvre considérable. Artiste engagé en politique, il lutte contre la violence, l’oppression, le fascisme. Il mène une carrière diplomatique en France, en Inde et au Japon. Le contact avec la culture japonaise l’amène, sans doute, à s’intéresser au haïku. Il publie Renga* chez Gallimard, en 1971, avec Jacques Roubaud (France), aussi membre de l’OuLiPo (Ouvroir de littérature potentielle), Edoardo Sanguineti (Italie) et Charles Tomlinson (Royaume-Uni).

En 1969, à Paris, Octavio Paz et ses trois amis passent cinq jours au sous-sol d’un hôtel parisien. La rencontre entre cette antique forme de poésie japonaise qu’est le renga et ces quatre poètes modernes de nationalités différentes donne naissance à un texte à références culturelles multiples. Dédié à André Breton, chef de file du mouvement  surréaliste, Renga doit être vu comme une métaphore du renku japonais, puisqu’il prend la forme d’une chaîne, non pas de haïkus ou de tankas, mais bien de quatre séquences de sept sonnets, en quatre langues. Cet ouvrage est aujourd’hui épuisé. Octavio Paz a également écrit des haïkus et il a produit des textes sur le haïku. On peut en lire certains, en espagnol, dans Internet.

Quelques extraits des haïkus d’Octavio Paz :

Contra el agua, días de fuego.
Contra el fuego, días de agua.

El sol es tiempo;
el tiempo, sol de piedra;
la piedra, sangre
.

Gentes, palabras, gentes.
Dudé un instante:
la luna arriba, sola.

Référence : Terebess Asia Online 


*Un renga ou renku est une chaîne de haïkus ou de tankas écrits par plusieurs poètes.