lundi 30 mars 2015

Lumière de mars




la clarté lumineuse
du soleil sur toutes choses
fin d’hiver



dans Hivernité, Éditions du Glaciel, 2010, p. 34



Photo : © Roger Joannette

lundi 16 mars 2015

Les 17 haïkus de Jorge Luis Borges


Écrivain argentin (Buenos Aires, 1899 – Genève, 1986), Jorge Luis Borges passe sa vie dans le monde des livres et de la littérature. Traducteur, critique, bibliothécaire, il fonde des revues littéraires et écrit bon nombre de poèmes, de nouvelles et d’essais, souvent érudits et fantastiques, reconnus par la suite comme des classiques du XXe siècle. Il devient directeur de la Bibliothèque nationale puis professeur à la Faculté des lettres de Buenos Aires. Il obtient plusieurs prix de littérature, dont le prix Cervantes en 1979. On lui reprochera son silence face aux crimes de la junte militaire en Argentine dans les années 70. Par ailleurs, certaines nouvelles de Fictions peuvent être vues comme une dénonciation du totalitarisme.

Claude Mauriac a dit de lui : « Jorge Luis Borges est l’un des dix, peut-être des cinq, auteurs modernes qu’il est essentiel d’avoir lus. Après l’avoir approché, nous ne sommes plus les mêmes. Notre vision des êtres et des choses a changé. Nous sommes plus intelligents. Sans doute même avons-nous plus de cœur. »

Ayant voyagé fréquemment au Japon, où il donne des conférences et dirigé des séminaires d’études, sans doute est-il influencé en retour par la poésie japonaise. Il écrit six tankas en 1972 et dix-sept haïkus en 1981, peut-être pour rappeler, par la symbolique des nombres, les dix-sept syllabes du haïku traditionnel. En voici quelques-uns :

Le soir et la montagne
m’ont fait une confidence.
Je ne la sais plus.

A-t-il existé
le rêve que j’ai perdu
à l’orée du jour?

Les cordes se taisent.
La musique savait
ce que je ressens.

Au loin, un trille.
Le rossignol ne sait pas
qu’il te console.

La vieille main
trace encore quelques vers
pour l’oubli.

Pour lire les 17 haïkus de Borges, de même que ses tankas (en espagnol).

Sources : Terebess Asia Online, Wikipédia, Fictions (Jorge Luis Borges, Folio, 1965).

vendredi 27 février 2015

Flocons





quelques flocons
les étoiles sur mon carnet
font de l’aquarelle

dans Hivernité, Éditions du Glaciel, 2010, p. 33


Photo : © Roger Joannette

lundi 9 février 2015

Froidure



froid de loup
l’auto ne démarre pas
congé forcé


dans Hivernité, Éditions du Glaciel, 2010, p. 31

Photo : © Roger Joannette

lundi 26 janvier 2015

Le vent de face



le vent de face
dans la tempête
la neige en rimmel


dans Hivernité, Éditions du Glaciel, 2010, p. 15

Photo : © Roger Joannette

lundi 19 janvier 2015

José Juan Tablada



José Juan Tablada (1871-1945) est un écrivain mexicain qui s’est illustré abondamment dans le haïku. Poète, critique d’art pour différents périodiques, il a également occupé plusieurs postes diplomatiques au Japon, en France, en Équateur, en Colombie, aux États-Unis. Un voyage au Japon en 1900 l’oriente vers le haïku. On dit de lui qu’il a fait connaître le haïku aux lecteurs hispanophones. Pour cette raison sans doute, il demeure estimé davantage dans le monde du haïku que dans celui de la poésie.

En français, l’Association francophone de haïku a fait paraître, en 2009, un recueil de Tablada, Papillons de l’instant (traduction : Patrick Blanche). En voici quelques extraits :

Les urubus
            Il a plu toute la nuit
            et ils n’en finissent plus
            de peigner leurs plumes au soleil,
            les urubus.

Le palmier
            Durant la chaleur de la sieste
            même ses éventails
            ne bougent plus leur palme…

Les fourmis
            Bref cortège nuptial,
            les fourmis traînent des pétales
            de fleurs d’oranger…

Les crapauds
            Morceaux de glaise,
            dans la pénombre du sentier
sautent les crapauds.

Papillon de nuit
            Rends au rameau dénudé,
            papillon de nuit
            les feuilles sèches de tes ailes.

L’araignée
            Parcourant sa toile
            cette clarté lunaire
            tient éveillée l’araignée.

Orange
            Donne à ma soif
            deux tasses dorées
            tout emplies de miel!

D’autres haïkus de J. J. Tablada (en espagnol).


lundi 12 janvier 2015

Mainichi Shinbun



clapotis de l’eau
des rorquals au large
mirage de vacances


Ce haïku vient de mériter une mention spéciale au 18e concours annuel de haïku du journal Mainichi (Tokyo). 

Photo :  © Roger Joannette