samedi 22 octobre 2011

Le plus beau poème du monde

Léopold Sédar Senghor (1906-2001) a été président du Sénégal depuis l’indépendance du pays en 1960 jusqu’en 1980 où il a quitté volontairement le pouvoir. Poète, il a été le chantre de la négritude. Il estimait que le haïku était non seulement le poème le plus court au monde, mais aussi le plus beau. Il évoque la leçon poétique du Japon et les similarités entre les langues : La brièveté (…) oblige à "choisir les mots et expressions les plus denses, les plus expressifs, les plus beaux". Dans le domaine de la poésie, c'est le génie même de "nos langues agglutinantes, du Japon et de l'Afrique". L. S. Senghor, selon toute vraisemblance, n’a pas écrit de haïkus mais la pratique du haïku est très vivante au Sénégal et ce, depuis de nombreuses années.


Léopold Sédar Senghor disait :
 « J’ai rêvé d’un monde de soleil dans la fraternité de mes frères aux yeux bleus. »

Poème à mon frère blanc :

Cher frère blanc,
Quand je suis né, j'étais noir,
Quand j'ai grandi, j'étais noir,
Quand je suis au soleil, je suis noir,
Quand je suis malade, je suis noir,
Quand je mourrai, je serai noir.

Tandis que toi, homme blanc,
Quand tu es né, tu étais rose,
Quand tu as grandi, tu étais blanc,
Quand tu vas au soleil, tu es rouge,
Quand tu as froid, tu es bleu,
Quand tu as peur, tu es vert,
Quand tu es malade, tu es jaune,
Quand tu mourras, tu seras gris.

Alors, de nous deux,
Qui est l'homme de couleur ?

Léopold Sédar Senghor

À lire : Senghor, Léopold Sédar. Œuvre poétique. Paris, Éditions du Seuil, Collection «Points», 1990.

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