vendredi 24 février 2012

Dany Laferrière, un lecteur de Bashô

Dans L’art presque perdu de ne rien faire, on peut lire de belles pages sur Bashô (1644-1694), l’un des premiers poètes que lit l’amateur de haïkus. Bashô qui a été un fervent, bien avant Kerouac, du voyage poétique. Contrairement aux adeptes du road trip, qui se déplacent en automobile, Bashô voyage à pied, ce qui s’apparente davantage au pèlerinage traditionnel.

« Bashô n’est pas un survolté comme ces poètes de la beat generation. Aucune précipitation. On s’arrête souvent en chemin.  (…) Pour Bashô, il faut ralentir le rythme sans baisser l’intensité. Mais il sait reconnaître la gravité en observant la vie qui se déroule dans un univers si minuscule qu’il intéresse peu de gens.


Rien ne dit
                           Dans le chant de la cigale
                           Qu’elle est près de sa fin.

Il ne se contente pas d’observer la cigale, il s’efforce de comprendre ce qu’elle ressent à ce moment ultime, et parvient même à nous faire ressentir son courage. Ce n’est pas étonnant qu’une telle sensibilité ait pu franchir avec cette grâce les siècles pour atterrir dans notre époque et les espaces et se retrouver dans ma salle de bains. Rien ne peut arrêter un poète dans sa course. »

Source : Dany Laferrière, L’art presque perdu de ne rien faire. Montréal, Boréal, 2011.


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