mercredi 14 mars 2012

Haïkus d'autrefois : Paul Éluard


Illustration : Fernand Léger, 1953

1942. Seconde Guerre mondiale. La France est occupée. Les résistants sont actifs. Parmi ceux-ci, Paul Éluard, qui écrit un magnifique poème, Liberté, destiné à redonner espoir aux Français. Ce tract sera parachuté à des milliers d’exemplaires par des avions britanniques sur le sol français et aura un immense retentissement.

Sait-on que Paul Éluard (1895-1952), né Eugène Grindel, a déjà publié des haïkus ? Associé, dès 1918, au mouvement dada et au surréalisme, son recueil, Pour vivre ici, onze haïkaï, est publié en 1920 par la NRF. René Maublanc dans la revue Le Pampre (1923), dira de ses haïkus qu’ils sont mystérieux et hermétiques. En voici quelques-uns :

À moitié petite,
La petite
Montée sur un banc.

Le vent
Hésitant
Roule une cigarette d’air.

Palissade peinte
Les arbres verts sont tout roses
Voilà ma saison.

Roues des routes,
Roues fil à fil déliées,
Usées.

Une plume donne au chapeau
Un air de légèreté
La cheminée fume.

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