mercredi 31 mai 2017

Fûryû


Le fûryû est une autre qualité du haïku, selon l’école de Bashô, qui désigne l’élégance, le raffinement, la beauté. Cette idée est présente dans tous les arts japonais. Qu’on pense à l’ikebana, à la cérémonie du thé, à l’ukiyo-e (mouvement artistique comprenant la peinture et les estampes japonaises) et, bien sûr, au haïku. Car n’est-ce pas dans l’essence même du haïku que d’être élégant et raffiné?

On raconte que le fûryû était l’une des bases du code moral du samouraï, le bushido. L’éducation du sage et celle du guerrier se rejoignaient ainsi, la formation du corps et de l’esprit devant aller de pair.

On peut apprécier l’élégance, la beauté, le raffinement dans les haïkus suivants :

Vieil étang
une grenouille plonge
le bruit de l’eau

Bashô

Sur le sable du rivage
à chaque trace de pas
le printemps s’allonge

Shiki

Douceur du printemps –
aux confins des choses
la couleur du ciel

Dakotsu

À la surface de l’eau
des sillons de soie –
pluie de printemps

Ryôkan

Sous les fleurs d’un monde flottant
avec mon riz brun
et mon saké blanc

Bashô


Photo : © Louise Vachon



Références :
Bashô, Seigneur ermite. L’intégrale des haïkus, La table ronde, 2012.
H. E. Davey, The Japanese Way of the Artist : Living the Japanese Arts & Ways, Brush Meditation, The Japanese Way of the Flower, Stone Bridge Press, 2012.

Haïku – Anthologie du poème court japonais. Présentation, choix et traduction de Corinne Atlan et Zéno Bianu. Gallimard, 2002.

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